« La dernière nuit du Raïs » – Yasmina Khadra

la drnière nuit du rais

Que dire de ce roman qui est en tout point (presque) parfait. Yasmina Khadra m’a habitué à créer des petits bijoux et celui-ci confirme la règle.

Dans cette dernière nuit du célèbre Mouammar Kadhafi, tyran et mégalomane de son pays, on plonge dans ses pensées. Face à un homme persuadé d’être le Dieu qui est venu sauver la Lybie, l’auteur nous montre son rapport aux autres afin de créer un lien fort entre le lecteur et Kadhafi.

Entre son passé et ses interrogations personnelles, on dévore ce roman très court mais très puissant. L’intérêt dans ce roman n’est pas tant la véracité des éléments annoncés, mais le tourbillon de folie et d’atrocité amené par Kadhafi. Ce personnage instable ne comprend plus son peuple et ne comprend pas cette révolte. Même au pied du mur il semble persuadé de son destin.

On se retrouve ainsi, plongé avec lui dans son district, comme un animal aux abois caché dans une école désaffectée. Entre ses pensées, ses frayeurs et ses prises de conscience, l’auteur nous plonge au plus profond d’un homme révolté, qui n’a qu’une interrogation : comment son peuple peut il le rejeter ? Lui le Dieux, à qui « la Voix » lui a dicté le chemin à suivre, le Guide, celui qui a amené la Lybie à se réveiller. Cet aspect est brillant car l’homme ne se remet pas en question et reste persuadé que ses choix étaient les bons. Entouré de partisans qui lui sont plus ou moins fidèle, Kadhafi n’accepte aucunes critiques et maintient sa vision jusqu’au bout.

Ce roman noir nous dresse le portrait d’un pays entre la révolte et le remerciement. Un pays qui se réveille et comme une tornade qui emporterait tout sur son passage. Avec sa plume et ses mots, Yasmina nous donne un Raïs perdu, effrayé qui nous ferait presque oublier le tyran qu’il a été. Cet homme effroyable a su à partir de rien, amener un pays à se construire. Mais la haine de ses actes causera sa perte. Il retournera à la terre, seul et abandonné.

***

*Pour aller plus loin, voici l’histoire :  » Longtemps j’ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J’étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd’hui, je n’ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence. Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l’Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l’on n’est que ce que les autres voudraient que l’on soit.  » Avec cette plongée vertigineuse dans la tête d’un tyran sanguinaire et mégalomane, Yasmina Khadra dresse le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine.

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