« Dans les forêts de Sibérie » – Sylvain Tesson

dans les forets de sibérie - Sylvain Tesson1

C’est au fin fond du coin le plus reculé de la Russie que se déroule notre histoire. Un voyage magique entre vodka et littérature. Un conte qui nous plonge dans le froid, l’isolement mais aussi la beauté d’un réveil sur un lac gelé.

Cet homme pourrait être n’importe qui, il avait un objectif : vivre en ermite avant ses 40 ans. Il part donc s’isoler dans une cabane au fond des bois avec suffisamment de vivres pour survivre pendant plusieurs mois. Heureusement il connaissait déjà la région, et ces habitants. Ce qui lui permet de se balader, rencontrer ses anciens et nouveaux amis.

Il « est » la cabane le long du lac, celui où les pêcheurs passent de temps en temps. C’est l’homme qui s’occupe de ses chiens, les seuls êtres qui survivent avec lui. L’homme aux mésanges, cet oiseau qu’il a su apprivoiser.

Ce roman c’est une immersion complète dans le froid, la solitude et les réflexions. Mais c’est aussi un joli voyage où l’on passera sur les lacs gelés ou à la recherche des pics les plus hauts. C’est entre le conte et le roman tant la subtilité des mots nous emmène avec eux dans cette forêt, dans ce froid polaire, dans ces balades sans fin. Cette histoire est juste et elle nous permet à ce jour de réfléchir à notre propre rapport à la société. On oubli parfois ces petits bonheurs de la vie qui n’ont pas de prix.

Cet homme a fait un pari fou, celui de partir, tout quitter pour pouvoir vivre ce moment de calme. Dans une société tout en « sur » : surconsommation, surinformation, etc. Il est parfois bon de lâcher prise pour simplement vivre le moment présent. Ce roman nous amène à cette réflexion. Revenir en arrière pour trouver le courage de survivre à ces quelques mois d’isolement. Mais ce choix est aussi une condamnation pour lui, car les personnes extérieures ne sont pas prêtes à le comprendre.

C’est un beau voyage d’hibernation d’un homme avec des ressources que tout le monde semble oublier. Un conte  tout en douceur pour nous amener avec lui dans le froid. Nous amener avec lui dans ses pensées, ses réflexions, dans cette vie que très peu de personnes seraient capables aujourd’hui de réaliser !

***

*Pour aller plus loin, voici l’histoire : Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

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15 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Voilà un niveau en accord avec la saison. Qui n’a jamais rêve de tout quitter pour vivre en harmonie avec lui-même ? Moi, je l’ai souvent fait. Cette idée d’expérience d’isolement me plait et je lirai avec grand plaisir celle de Sylvain Tesson.

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    1. Je te le recommande, il est écrit tout en poésie. On a juste à enfiler une polaire et on le suit dans sa cabane isolée ^^

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  2. Michel L dit :

    Je repense à une citation dans ce livre. De mémoire :  » on ne parle pas du bruit du vent dans les arbres mais de la réponse des arbres au vent ». Magnifique! C’est un livre splendide et toujours passionnant malgré son minimalisme situationnel apparent.

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    1. En accord avec toi et ta citation qui résument bien ce roman si puissant. On a envie de vivre dans cette cabane pour s’ouvrir au bonheur du monde qui nous semble si loin aujourd’hui !

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  3. L’avis de Margaud Liseuse me tentait alors avec le tien je suis doublement intrigué ! C’est un beau rêve et il faut avoir le courage de partir et tout quitter pour se retrouver avec soi-même et la nature…

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    1. Il est vrai que le courage des hommes se fait rare pour vivre ce beau rêve. C’est bien de voir que certaines personnes peuvent encore vivre loin de tout. Un très beau voyage dans un pays blanc !

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  4. Jolie chronique, elle m’a donné envie de me plonger moi aussi dans le froid, la solitude et les reflexions! Je vais noter ce livre.

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    1. Après l’Alaska vient te plonger dans la Sibérie ! ^^

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  5. Pitiponks dit :

    Partir vivre en ermite dans une cabane c’est un peu mon fantasme en ce moment. Je crois que ce livre me plairait bien! (D’autant que j’ai déjà lu un recueil de nouvelles de cet auteur et j’avais trouvé ses nouvelles géniales!)

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    1. Je pense que tous les adorateurs de livres rêvent un jour ou un autre de partir s’isoler et vivre de livre ! Ce roman en est la concrétisation !

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  6. pepparshoes dit :

    Tu éveilles ma curiosité, il va aller rejoindre les autres romans de ma Wish List 🙂

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    1. Ah ah ah on en finit pas d’en rajouter sur cette wish list 😀
      J’ai découvert ce roman dans ma PAL et j’ai vraiment été emballée par cette lecture ! Ça fait rêver !

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      1. pepparshoes dit :

        Mais carrément, elle est à rallonge ^^

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