« Hôzuki » – Aki Shimazaki

hôzuki - Aki Shimazaki

 

Quelle découverte que cette auteure. En tant que grande amatrice de la littérature japonaise, c’est avec délice que je suis rentrée dans ce roman. L’auteure a su développer son talent à travers des sagas romanesques ou chaque tome ne dépasse pas les 150 pages. Comme des nouvelles on suit différents personnages dans des époques et des lieux qui varient. Ce petit roman sort de son habitude car il ne fait pas parti d’une saga. Je suis tombée amoureuse de cette auteure, sa délicatesse, sa plume, ses sujets, une très belle découverte !

C’est avec une introduction aussi longue que je souhaitais démarrer cette chronique. Cette auteure au multiple héritage, use de ces connaissances pour approfondir ses textes. Japonaise et Canadienne, on ressent la force de ses voyages à travers son récit. Dans cette nouvelle, il est question du rôle d’une mère. Celle qui défend envers et contre tout, celle qui acceptera tous les sacrifices pour protéger et élever son enfant.

Avec la douceur d’une plume, Aki Shimazaki nous transporte dans ce monde, où la vie n’est pas plus belle qu’ailleurs mais elle vous attirera sans aucun doute. Comme une poésie ce texte se savoure, on pourrait en être saturé, et pourtant chaque phrase prend sens en nous. Ce très court roman parvient à nous toucher avec cette douceur rare. On découvre ce que ferait une mère pour protéger celui qu’elle aime. Peu importe que son enfant soit d’elle ou non, le lien qui se forme entre une mère et son fils est indestructible. Ici c’est avec finesse et tout en douceur qu’on aborde des sujets durs, l’abandon, l’handicape, la volonté de s’en sortir pour une femme seule.

Ce texte est d’autant plus actuel, car il nous présente la force de cette mère célibataire, bien décidée à assumer ses choix. Aujourd’hui la société peut encore contraindre bien trop souvent les mères célibataires. Ce roman vous démontrera de la force de cette « maman ours ». Car bien trop souvent, le lien invisible qui unit la mère à son enfant pourrait être brisé, et l’équilibre en danger. L’auteure va vous transposer dans cette petite librairie spécialisée, et c’est à côté de son fils que vous allez apprendre les choix du silence. Avec un ton d’une justesse impeccable ce texte sera vous faire ressentir toute la puissance d’un lien maternel.

Cette découverte est d’autant plus précieuse qu’elle nous rappelle ce que c’est de se battre pour ceux que l’on aime. Tout faire en sorte pour que la personne tant désirée soit en sécurité et que rien ni personne ne puisse s’interposer.

***

*Pour aller plus loin, voici l’histoire : Dans le livre précédent du même cycle, Azami est le surnom de cette envoûtante entraîneuse et ancienne camarade de classe avec qui le narrateur entreprend une liaison. Cette même femme, Mitsuko, est cette fois la narratrice du nouvel opus d’Aki Shimazaki, Hôzuki. Propriétaire d’une petite librairie d’occasion spécialisée en ouvrages philosophiques, Mitsuko partage ses journées avec sa mère, une ex-détenue qui confectionne de jolis signets de fleurs séchées, et son jeune fils Tarô, un métis sourd et muet. Plutôt revêche et ne cherchant aucune amitié, elle se contente d’amants occasionnels et de discussions intellectuelles avec les riches clients du bar où elle pratique encore le métier d’entraîneuse une fois par semaine. Un jour pourtant, une femme distinguée se présente à la bouquinerie et, devant la complicité évidente qui s’établit entre son enfant et celui de Mitsuko, elle insiste pour provoquer des visites et des sorties communes. Pour faire plaisir à son fils, Mitsuko surmonte son agacement et accepte ces rencontres. Bien vite, afin de préserver l’équilibre de sa famille, elle devra cependant refaire le choix du mensonge. La sobriété et la justesse du ton d’Aki Shimazaki sont toujours un ravissement ; ils sont aussi bouleversants quand il s’agit d’aborder avec autant de franchise le thème des liens maternels.

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8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Mistinguette dit :

    Une très belle découverte pour moi aussi !
    En revanche, il fait bien partie d’un cycle. Le premier s’appelle Azami et celui-ci est le deuxième. 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci! Je vais de ce pas me procurer le premier alors !

      Aimé par 1 personne

  2. Madame lit dit :

    Je ne connaissais pas alors merci… La couverture est bien belle…et l’histoire tentante.

    Aimé par 1 personne

    1. Les couvertures sont sublimes. J’espère que tu apprécieras autant le texte !

      Aimé par 1 personne

  3. Pikobooks dit :

    Effectivement, j’ai adoré ce cycle ! 🙂 Tu as zappé Azami ? 🙂 🙂
    Le style de Shimazaki est très doux, et peut-être moins abrupte que la plupart des auteurs japonais que j’ai découverts. En tout cas, j’ai adoré ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai en effet zappé « Azami » … mais je vais réparer cet affront !

      J'aime

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