« La légende de nos pères » – Sorj Chalandon

la légende de nos pères - Sorj Chalandon

Sorj Chalandon, fait partie de mes plus belles découvertes sur ces dernières années. J’apprécie la fluidité de ses textes, comme la récurrence de ses sujets. Entre L’Ira et les guerres, on retrouve un sujet important pour l’auteur, la place du père. Les rapports conflictuels du père à l’enfant sont des sujets, qu’il aime traiter. Surement en lien avec sa propre expérience, on ressent le besoin de connaître, de découvrir et surtout d’être aimé par ce père toujours présent mais bien trop loin.

Sorj Chalandon fait parti de ces auteurs, que l’on aime sans raison particulière. J’apprécie ses sujets et sa manière dont ils prennent vie dans ses romans, tout simplement ! Dans ce texte fort, c’est la guerre qui est à l’honneur. Notre protagoniste vie mal le fait d’avoir perdu son père sans réellement le connaître. Dans les grandes lignes, il sait que son père fut résistant, mais il n’a jamais pu lui en parler en profondeur. On va ressentir le vide laissé par ce père absent. Un manque dans sa relation de fils, et un besoin de connaître les actions de son père, pour avancer.

C’est avec justesse que l’auteur nous parle de la place des résistants lors de la guerre et du silence qui les accompagne une fois celle-ci terminée. La résistance est aujourd’hui connue, on a des dates et des lieux qui peuvent prouver des actions orchestrées. Mais qu’est ce qui peut empêcher un homme de ce faire passer pour résistant, afin de démontrer d’une gloire personnelle et injustifiée. C’est dans ces interrogations que l’auteur nous dresse son récit. Un homme à la recherche de son père. Il essaye de comprendre les actions des résistants, il essaye de retrouver ce père. Et un homme qui raconte son passé de résistant. Mais au lieu de créer une biographie complexe, n’est t’on pas en train de perpétuer un mensonge.

Tout le texte va reposer sur la recherche de la vérité. Le poids de la culpabilité va forcer des hommes à enfin tout révéler. Car, que devient-on lorsque l’on arrive plus à vivre avec un tel mensonge face à sa famille, ses amies, les gens qui sont autour de nous. La guerre a toujours des conséquences surprenantes et inattendues. Ici l’auteur va nous présenter un revers de la guerre que je n’avais pas envisagé. Ce texte est fort et grand, car il ouvre la voie des « pourquoi ? ». A la fin de cette lecture, je me rappelle encore une fois, que la gloire n’est rien en comparaison à l’acte de résistance.

***

*Pour aller plus loin, voici l’histoire : Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. « Toute vie mérite d’être racontée », disent ses publicités, et c’est pour cela que ses clients se confient à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs, les rédige puis fait imprimer un livre destiné aux amis ou au cercle familial.

Publicités

2 commentaires Ajoutez le vôtre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s