Rentrée littéraire : « Une singularité nue » – Sergio de la Pava

une singularité nue - Sergio de la Pava

Cette lecture annonçait un monument de la littérature américaine et malgré une écriture remarquable on n’arrive pas à pénétrer entièrement dans cette lecture. Venez et laissez-moi-vous expliquer.

Dans ce roman, on a un très bon premier chapitre d’accroche qui nous peint le quotidien d’un avocat à la défense lors de la remise de ses cas. On est complètement immergé dans la cour et on comprend le dur labeur qu’est le leur. Devoir défendre une personne avec qui il parle juste pendant cinq minutes, avant d’espérer l’empêcher de finir en prison. Malheureusement après ce chapitre on entame 300 pages de longues et ennuyeuses digressions. A ce niveau on peut même parler de papotage pour ne rien dire, tellement l’ennui pointe son nez. Et vers le milieu du roman on rentre dans le vif du sujet.

Le texte a été refusé par de nombreuses maisons d’éditions et je peux les comprendre, car lorsqu’un roman ne décolle pas pendant 300 pages, on perd patience. C’est ce qui est dommage, car un travail de réécriture aurait pu lui donner un coup de peps. Avec ce texte, je ne sais pas si beaucoup de personne vont passer outre ces pages et continuer leur lecture. Cela me désole d’autant plus que l’on a une seconde partie très intéressante, une construction bien menée et une très bonne écriture pour un premier roman.

Une fois cette première étape passée, vous allez avoir à faire avec un très bon livre. Le sujet de la cour américaine est mis en avant. Avec comme ligne de fuite : travailler pour atteindre une certaine forme de perfection. C’est notre société de consommation qui est mise à nue. On nous présente une société perdue où seul l’argent et la reconnaissance semblent avoir encore un sens. C’est donc dans un demi-rêve que nous avançons et que nous rencontrons nos personnages. Entre le rêve et la réalité la barrière semble bien mince, mais surtout comment savoir où s’arrête notre réalité et où commence la part de vie rêvée ?

Un texte qui aurait pu faire partie des monuments de la littérature américaine, mais qui est gâché par de trop nombreuses pages inutiles, qui nuisent à cette lecture. Lecteurs si vous voulez vous lancer dans ce livre soyez prévenus, il faudra passer outre de nombreuses pages pour y trouver son réel intérêt !

***

*Pour aller plus loin, voici l’histoire : Les années 1980 ont eu leur Bûcher des Vanités, les années 2010 ont leur Singularité Nue.
Casi est un avocat new-yorkais qui n’a jamais perdu un procès. Fils d’immigrants colombiens, il vit chichement à Brooklyn jusqu’au jour où un collègue lui propose le crime parfait qui le mettra définitivement à l’abri du besoin. Devant cette opportunité, c’est d’abord son sens éthique de la justice et de la morale qui va vaciller, puis sa personnalité, enfin, son univers tout entier…

C’est une façon de résumer le livre. Il y en aurait d’autres, beaucoup d’autres, tant les événements qui se multiplient autour de Casi sont nombreux et variés. Une singularité nue est en effet un roman hors normes, si atypique qu’il n’a d’abord pas trouvé d’éditeur. Sergio De La Pava l’a donc publié à compte d’auteur et cet ouvrage est devenu un véritable phénomène, couronné par de nombreux prix et élu Meilleur roman de l’année par les médias. Ambitieux et hilarant, truffé de personnages attachants, à la fois réaliste et hystérique, voici un thriller incroyable qui force l’admiration par ses dimensions dantesques et son sens jazzé de la phrase.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Il est dans ma PAL, j’espère qu’il me plaira 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Cet un bon livre, il fait juste passer la première partie !

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