« Novecento : pianiste » – Alessandro Baricco

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Cette petite merveille, je l’ai découverte en vagabondant de site en site, de blog en blog. J’ai de temps en temps des envies de découvrir du théâtre et quand on m’a parlé de ce monologue tiré d’une légende, cela m’a interpellé. J’ai eu envie de me pencher sur ce petit bout de texte, et je dois bien le reconnaître j’en suis ravie !

Cette légende parle d’un homme, d’un pianiste, qui n’aurait jamais mis un pied à terre. Né et trouvé sur le bateau, il grandit au fil des vagues et se plaît dans cette atmosphère maritime. On comprend rapidement qu’il est considéré comme le plus grand pianiste vivant, mais que si l’on veut l’écouter il faut faire une traverser Amérique/Europe.

Ce texte se présente sous la forme d’un monologue qui nous est conté par un autre musicien, un ami qui partagera les mers et la musique pendant de nombreuses années avec notre pianiste. On apprécie cette proximité avec le narrateur, comme s’il nous racontait une histoire, peut être inventée, mais pleine de promesses. Au bout d’un moment, on se demande est-ce seulement possible de ne vivre que sur les mers ? N’être qu’un fantôme qui ne connaît que la beauté des flots sans pour autant vouloir se poser sur la terre ?

Je trouve cette histoire très belle, car cet homme lie une relation particulière avec deux éléments : le piano bien sûr qu’il a conquis et maîtrisé seul. Mais également la mer qui lui permet de naviguer, sans même sans rendre compte. Mais notre homme va, un jour, vouloir émerger de ce rêve et voir la mer d’un autre point de vue. A partir de ce moment, notre histoire se complique, car cet homme compare la vie aux touches d’un piano. Elles sont définies et se terminent se qui rassure notre pianiste. Lorsqu’il réalise que la vie sur la terre ferme pourrait être infinie. Il pourrait se réinventer et devenir ce qu’il souhaiterait. Il se rend compte qu’il a trop de choix, trop de possibilité, une infinité même. Cela l’angoisse. Notre pianiste qui n’a vécu que sur le bateau pourra-t-il se résoudre à le quitter ?!

Ce texte m’a énormément touché, sur la vie en général, sur les choix que l’on a devant nous ainsi que sur nos attaches et nos origines. Un texte très fort qui nous force à ouvrir son esprit pour s’enrichir de ces réflexions. On va pénétrer ce monde qui en quelques pages à peine se termine. On est soulagé, un peu perdu mais surtout rassuré, car on va pouvoir maintenant quitter notre pianiste.

***

*Pour aller plus loin, voici l’histoire : Né lors d’une traversée, Novecento, à trente ans, n’a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l’Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d’un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n’appartient qu’à lui: la musique de l’Océan dont l’écho se répand dans tous les ports.
Sous la forme d’un monologue poétique, Baricco allie l’enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses.

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