Focus on : Petits romans à dévorer !

Bonjour à tous,

Dans cette (longue) période de rentrée littéraire, on nous abreuve de nouveautés, toutes plus enthousiasmantes les unes que les autres. Mais on oublie parfois les inconvénients de cette période avec des prix élevés, des romans (parfois) long à lire. Donc je vous présente deux petits textes à découvrir et à dévorer !

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« A ce stade de la nuit » – Maylis de Kerangal

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Les textes de Maylis de Kerangal sont toujours des petites pépites pour moi. Depuis que j’ai découvert cette auteure, je lis régulièrement l’un de ses romans en prenant mon temps, en les espaçant pour ne pas m’en lasser. Ainsi je me délecte de cette lecture, j’en savoure chaque ligne et j’espère pouvoir vous donner envie de vous y plonger à votre tour.

Tout va débuter à l’écoute d’un drame à la radio, en plein milieu de la nuit. Puis de cette information, l’auteure, la narratrice, va-nous faire pénétrer dans l’intimité de ses réflexions. On va découler ses pensées, à l’image d’un esprit qui défile. On va rebondir d’interrogations en interrogations. Chaque idée ouvrant sur une autre. Chaque question attendant mille réponses et chacune n’attendant qu’à être piochée pour nous être contée.

Maylis de Kerangal use souvent d’un ton très froid. Dans ses romans j’aime le style glacial qu’elle peut employer. Je m’y retrouve, je ressens cette distance et au lieu de m’éloigner, elle me force à faire l’autre moitié du chemin pour la retrouver. Elle crée cette barrière entre elle et nous, infranchissable dites vous, pas du tout, elle n’attend qu’à être enjambée pour que l’on se retrouve dans cette cuisine, au milieu de la nuit avec notre narratrice. Silencieusement, nous pourrons nous aussi faire part de nos réflexions. Je dois bien reconnaître que j’aime cette façon de faire. Elle nous livre ce petit texte sans se poser de questions, sans réfléchir. Et on divague avec elle dans ces interrogations. Des réflexions qui ne peuvent se faire que dans la solitude au milieu de la nuit.

Les idées s’accumulent les unes après les autres. D’un nom aux sonorités connues on passe à un film et de là on plonge dans une réflexion sur la vie. Ce roman sans prétention a su me toucher car chacun peut « à ce stade de la nuit » se laisser emporter par un flot de réflexions inutiles, voir futiles. Des pensées que l’on va tout simplement oublier. Des pensées qui font pourtant parti de nous, car elles nous tombent dessus le matin au réveil, le soir en dînant et bien sur la nuit où le silence et l’obscurité semblent libérer notre besoin de nous projeter.

Et cela constitue la plus grande part de notre vie. Nous sommes des êtres de pensées et cette capacité à réfléchir et à nous évader nous diffère des bêtes, ne l’oublions pas. Elle nous rappelle à notre condition d’homme et ici elle semble juste nous faire oublier l’insomnie cuisante et continuer à vagabonder par pensée !

*Pour aller plus loin, voici l’histoire : Lampedusa. Une nuit d’octobre 2013, une femme entend à la radio ce nom aux résonances multiples. Il fait rejaillir en elle la figure de Burt Lancaster- héros du Guépard de Visconti et du Swimmer de Frank Perry- puis, comme par ressac, la fin de règne de l’aristocratie sicilienne en écho à ce drame méditerranéen : Le naufrage d’un bateau de migrants. Ecrit à la première personne, cet intense récit sonde un nom propre et ravive, dans son sillage, un imaginaire traversé de films aimés, de paysages familiers, de lectures nomades, d’écrits antérieurs. Lampedusa, île de littérature et de cinéma devenue (épicentre d’une tragédie humaine. De l’inhospitalité européenne aussi. Entre méditation nocturne et art poétique A ce stade de la nuit est un jalon majeur dans le parcours littéraire de Maylis de Kerangal.

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« Le voyage d’Octavio » – Miguel Bonnefoy

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Ce roman fait partie des petites pépites qui nous tombent dessus. Avec un sujet si entraînant, on se laisse emporter par le voyage d’Octavio. On dévore, on apprend à le connaitre. Pour au final être triste de quitter ce personnage si attachant qui aura su nous combler en si peu de temps.

Je ne juge jamais un roman à la longueur qu’il fait, mais je suis toujours surprise de retrouver autant de puissance dans de courts textes, alors que certains pavés peinent à sortir un brin d’émotion. Avec ce très court livre vous allez, je l’espère, tomber sous le charme d’Octavio. Ce personnage robuste, grand et imposant qui ne peut user de sa prestance, car il cache un secret qui le rend malheureux. Mais la vie s’en mêlant il va pouvoir l’affronter et même si celui-ci va lui faire du mal, il parviendra à nous faire débuter notre voyage.

Avec ce roman, j’ai plongé dans ce voyage. Ce périple personnel qui nous fait passer par de nombreux paysages, mais surtout par de nombreux états. On s’attache à Octavio, on le voit comme un ami, solide. Une personne sur laquelle on peut s’appuyer et avec laquelle on aimerait réaliser un bout de chemin. Ce personnage nous interpelle car son voyage physique n’est pas aussi intense que celui qu’il va réaliser psychologiquement. On le voit grandir, murir et devenir l’homme qu’il aurait du être dès le départ.

Dans ce petit roman où il ne se déroulera rien, on est touché par la tendresse et la gentillesse d’Octavio. L’auteur use d’une certaine justesse pour nous amener dans ces paysages isolés. On nous pousse à aimer Octavio, à vouloir l’aider, le conseiller et peut être même le sauver, mais de quoi ?! Personnage solitaire et silencieux il nous est cher, car on a apprit avec lui certaines choses. Ce roman vous ouvrira l’esprit et vous laissera dans une réflexion obligatoire sur le tout.

Avec ce texte je découvre un livre sans fioriture qui sera, j’en suis sûr, vous ravir. On se plait dans ce voyage qui est très court physiquement mais démontre d’une grandeur spirituelle immense. Avec des paysages qui seront vous faire admirer cette vie. On peut passer à côté, on peut ne pas apprécier Octavio pour ce qu’il fait, mais on sera apprécier la réflexion qui s’ouvre à nous en même temps que l’on dévore ces pages.

*Pour aller plus loin, voici l’histoire : Les tribulations épiques d’Octavio, un paysan analphabète vénézuélien qui va se réapproprier son passé et celui de son pays, grâce à Alberto Perezzo, un médecin de village, et surtout grâce à la belle Venezuela, qui va lui apprendre à écrire. Mais le destin voudra qu’il soit enrôlé par la bande de brigands « chevaleresques » du charismatique Guerrero, qui organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bien-aimée Venezuela….

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Deux lecture qui je l’espère seront vous combler.

Sur ce lisez !

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