« L’héritage d’Esther » – Sandor Marai

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Quelle plaisir, quelle découverte ! Sandor Marai que je viens de découvrir fera sans aucun doute parti des auteurs qui auront changés ma vie de lectrice. Et comme bonne lectrice, curieuse et excessive que je suis, je vais m’empresser de tous les lires tant j’en suis tombée amoureuse.

Je suis depuis bien longtemps déjà une grande admiratrice de Stefan Zweig et de son travail. Avec Sandor Marai je découvre avec plaisir beaucoup de similitudes. J’apprécie son écriture impeccable qui aborde les sujets de manière si intense. Avec une forte dominante sur la guerre, on ressent à travers ses textes les ravages que la seconde guerre a pu faire. Ainsi que son besoin de parler pour comprendre, analyser et faire révéler sa vérité sur cette période terrible. Des textes réfléchis et intimes nos sont donc dévoilés.

Dans ce roman on va suivre Esther une femme abandonnée. Une femme qui vient de recevoir des nouvelles de l’amour de sa vie, disparu depuis plus de 20 ans. A travers ce texte c’est la confrontation entre la belle et douce Esther et le manipulateur Lajos. Mais tout va être découvert et c’est sans artifice que la vérité éclate. Le passé revient comme un boomerang afin de lever un voile sur bien des personnages et des situations.

Il est rare que je découvre des auteurs dont la puissance et la passion m’envahissent à tel point qu’il me faut tout parcourir. Comment vous expliquer la justesse de ce texte. L’intense besoin qu’il continue, ou de retrouver cette écriture dans un autre récit. Une autre histoire qui sera apaiser ma soif. Dans ce texte on retrouve une puissante psychologie qui est travaillée et nous maintient en haleine. Car on se projette dans le passé, on découvre avec Esther les méandres de sa vie. Tout ne fut que mensonges ou le mensonge était calculé ? Un texte qui soulève le rapport à l’amour, à l’argent, aux besoins d’indépendance également. Mais c’est surtout un hommage à cet amour plus fort que tout, qui peut attendre des années, mais qui au final n’attend qu’une chose : être partagé !

Ce texte d’une justesse intense parvient à faire vibrer de nombreuses cordes sensibles. La beauté de cet amour retrouvé nous touche et parvient à faire son bout de chemin dans notre cœur. Pourtant Lajos ment. Alors où est la frontière ? Où est la limite aux mensonges ? Et si cette limite n’était pas l’amour lui-même. Seule la lecture du roman pourra y répondre.

***

*Pour aller plus loin, voici l’histoire : La fin de l’empire austro-hongrois et ses prolongements crépusculaires ont inspiré des écrivains majeurs comme les Autrichiens Joseph Roth, Stefan Zweig ou Arthur Schnitzler. Il faut y ajouter le Hongrois Sàndor Marai (1900-1989) qui, aujourd’hui, est enfin reconnu comme un immense écrivain européen.
L’Héritage d Esther, publié en 1939, rassemble en un bref récit tout ce qui fait l’art de Marai. Retirée dans une maison qui menace ruine, engourdie dans une solitude qui la protège, une femme déjà vieillissante voit soudain ressurgir le seul homme qu’elle a aimé et qui lui a tout pris, ou presque, avant de disparaître vingt ans plus tôt. La confrontation entre ces deux êtres complexes – Esther la sage, ignorante de ses propres abîmes et Lajos l’insaisissable, séducteur et escroc – est l’occasion d’un de ces face à face où l’auteur des Braises et de La Conversation de Bolzano excelle. Un face à face où le passé semble prêt à renaître de ses cendres, le temps que se joue le dernier acte du drame, puisque  » la loi de ce monde veut que soit achevé ce qui a été commencé « .
La tension dramatique extrême, l’atmosphère somnambulique, l’écriture sobre et précise font de ce court roman un véritable chef-d’œuvre.

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8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. eliseselivre dit :

    Oh ! ça m’a l’air fort interessant tout ceci ! merci 🙂
    bel avis qui donne envie !

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    1. C’est exceptionnel ! Cet auteur arrive à nous toucher.

      Aimé par 1 personne

  2. Cat dit :

    Figure toi que mon tout premier choc théâtral fut « lettre d’une inconnue » de Zweig. Merci pour cette chronique. Et le visuel…

    Aimé par 1 personne

    1. « Mettre d’une inconnue » n’est pas du théâtre. En tout cas l’auteur que je présente ici ce n’est pas du théâtre, tu risques d’être déçue si tu cherches du théâtre ^^
      Merci !

      Aimé par 1 personne

      1. Cat dit :

        Je sais oui ce n’est pas du théâtre…mais c’est juste parce que tu citais Zweig en intro. Sa lettre d’une inconnue histoire d’une femme abandonnée a été adaptée au théâtre… Bon week end…

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      2. Autant pour moi, j’y étais pas du tout !
        Zweig a souvent été adapté au théâtre, au cinéma, en bande dessinée. Et si tu aimes l’auteur moi je te recommande « le joueur d’échec », sublime (et la version BD est top aussi).
        Merci pour l’info et bon week end à toi aussi !

        Aimé par 1 personne

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